Histoire du protestantisme
Une communauté protestante s’est installée à Boulogne dès le XVIème siècle, peu de temps après que Martin LUTHER (1483-1546) eut placardé sur les portes de l’église de WITTEMBERG le 31 octobre 1517 ces 95 « thèses sur la puissance des Indulgences » qui constituent en quelque sorte l’acte fondateur du protestantisme. Les idées de Martin LUTHER connurent un rapide développement dans toute l’Europe grâce à l’essor de l’imprimerie et plus particulièrement en France au travers des écrits de Jean CALVIN (1509-1564) qui fondent la théologie réformée en proclamant la souveraineté absolue de Dieu.
Huit guerres dites « de religion » se succédèrent en France entre les années 1562-1598, opposant partisans de l’église catholique et fidèles de la Réforme dont le point culminant fut sans doute le massacre dit de la Saint Barthélémy le 24 août 1572. Malgré le retour de la paix dans le royaume de France avec la publication de l’Edit de Nantes (1598) et plus encore suite à la révocation de cet édit (1685), brimades et persécutions à l’encontre de l’église réformée se poursuivirent tout au long des XVIIème et XVIIIème siècle (affaire Callas – 1761).
C’est dans ce contexte qu’une communauté protestante put néanmoins trouver à Boulogne, dans le relatif isolement du village d’alors, un havre de tranquillité conforme à la notion de « désert » cher à l’idéal réformé, lui permettant d’échapper aux perquisitions des autorités et de se développer.
Histoire du protestantisme à Boulogne
Dès 1872, une communauté protestante s’installe aux côtés de la population de Boulogne, Billancourt, Suresnes et Saint Cloud. En 1874, un comité de neuf personnes met en place différentes activités religieuses et d’instruction tout en se plaçant sous l’autorité du Consistoire de l’Eglise Réformée de Paris. Il s’installe d’abord au 117, route de la Reine, puis au 39, de la rue de Paris. L’église naissante sera d’abord considérée comme une annexe de l’église de Passy. Les pasteurs Weiss, Bourchenin et Mayer furent les chevilles ouvrières de cette œuvre. Le soutien religieux et moral s’exerce lors du culte dominical célébré à 13h30 et dans les deux écoles bibliques – l’une le dimanche et l’autre le jeudi à 10h – et concerne 300 à 400 foyers protestants.
Dès 1829, la Société Pour l’Encouragement de l’Instruction Primaire parmi les protestants de France a été fondée, ce qui a encouragé la création d’une école protestante de filles au sein de cette paroisse dès 1872, puis une école protestante de garçons en 1875.
En 1897, le Consistoire donne son feu vert pour la construction du temple au 117, rue du Château, d’après les devis de l’architecte Paumier. Le temple est connu pour son architecture en pierre de taille et en brique rouge, typique de l’époque. Il est inauguré le 16 janvier 1898 par le président du Consistoire. En plus de l’instruction scolaire, la paroisse met en place une assistance matérielle avec une distribution de vêtements, qui a été un véritable soutien pour de nombreuses familles.
En 1905, est votée la loi de séparation des Eglises et de l’Etat qui consacre la liberté de conscience et qui permet aux protestants de vivre plus librement leur foi et à égalité avec les autres religions. Les paroisses se sont constituées en association cultuelle avec un conseil presbytéral, élu en assemblée générale, pour mener à bien les activités et le fonctionnement de la paroisse. Avec cette loi, la propriété du temple revient à l’association cultuelle.
Au fil des années, les pasteurs restent dans la paroisse pendant un mandat de 6 ans renouvelable une fois. Depuis 1966, les femmes peuvent « être appelées, au même titre que les hommes, à exercer un ministère dans l’Église ». Ainsi, trois femmes pasteures ont exercé un ministère dans cette paroisse.
En 2013, l’Eglise reformée de France s’est associée avec l’Eglise luthérienne de France, pour devenir l’Eglise protestante unie de France, à laquelle cette paroisse appartient.
Aujourd’hui, un culte dominical est proposé chaque semaine à 10h30. Des chants, des prières et une prédication sur un texte biblique permettent de faire une pause dans sa vie et de prendre le temps de méditer la Parole biblique. La Sainte Cène a lieu au moins une fois par mois. Nous pratiquons l’hospitalité eucharistique, ce qui fait que toute personne baptisée ou a minima vers le chemin du baptême est accueillie. Les cultes familiaux ont lieu une fois par mois. Les enfants sont les bienvenus, des activités sont spécialement prévues pour eux.
Nos repères
- Sacerdoce universel: Tous les croyants sont prêtres au sens spirituel.
1 Pierre 2, 9 : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal… »
- Inclusion: Accueillir hommes et femmes, qui affirment que le message de Jésus s’adresse à tous sans distinction de sexe, d’origine, d’orientation sexuelle.
Hébreux 13, 2 : « N’oubliez pas l’hospitalité ; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
- Unité entre les chrétiens : L’œcuménisme occupe une place centrale dans notre approche.
1 Jean 4, 20-21 : « Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu”, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? »
- Liens intergénérationnels : Vivre la foi ensemble à travers les différentes étapes de la vie.
1 Corinthiens 12, 20 : « Ensemble, ils forment un seul corps en Christ. »
- Solidarité : Agir dans l’esprit du Christ, c’est s’engager auprès des plus démunis et leur tendre la main, leur donner à manger et à boire mais aussi leur donner du temps et de l’écoute.
Matthieu 22, 39 : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »